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SURCOMPENSE, VOUS AVEZ DIT SURCOMPENSE ?

(Article de Patrice Bourdelet paru dans Plongée Mag Fév/Mars 2005.)
Mis en ligne avec l'autorsation de l'auteur.

Dernier avatar en matière de nouveauté plongée, le détendeur « surcompensé ». En plus du fait que les trois fabricants qui le revendiquent ne lui donnent pas la même signification, ce terme est impropre car il est en totale contradiction avec la notion même de compensation.

Mais commençons par le commencement : qu’est-ce que la compensation ? C’est le principe utilisé à l’origine dans un premier étage pour affranchir le clapet de l’inévitable chute de pression de l’air de la bouteille. Si cette baisse de pression n’affecte pas l’équilibre du clapet, celui-ci, et, par extension, le premier étage tout entier, sont dits « compensés » et la moyenne pression relative est stable. Dans le cas contraire, ils ne sont pas compensés et deux solutions se présentent quand la pression de la bouteille baisse : soit la moyenne pression relative diminue, soit elle augmente (voir tableau).

De même qu’une lampe ne peut être « surallumée », mais seulement allumée ou éteinte, un clapet ou un premier étage ne peuvent pas être « surcompensés » mais seulement compensés ou non, il n’y a pas d’autre solution. La chose est d’une simplicité biblique : si la moyenne pression relative ne varie pas (d’une valeur significative) quand la pression de la bouteille chute, le premier étage est compensé, et, si elle varie (que ce soit en plus ou en moins), le premier étage n’est pas compensé.

Ce qui nous amène au cas des détendeurs « surcompensés » à piston Scubapro. Si leur premier étage a une moyenne pression qui augmente quand la pression de la bouteille baisse, c’est simple : ces détendeurs ne sont pas compensés. La caractéristique n’est pas une nouveauté, les détendeurs non compensés à membrane font la même chose depuis longtemps.

Passons maintenant au cas des détendeurs « surcompensés » Omersub et Aqualung qui sont, eux, véritablement compensés, à piston pour les premiers, à membrane pour les seconds. Précisons au passage qu’il faut dire et écrire « détendeur compensé à membrane » et non pas « détendeur à membrane compensée » puisque, comme nous venons de le voir, dans un détendeur ce n’est pas la membrane qui est compensée mais le clapet. L’ordre des mots et la grammaire ont de l’importance car la précision technologique s’exprime par l’exactitude du langage et de l’écriture.

Mais revenons à notre sujet.

Si un détendeur « surcompensé » est une impossibilité en soi, quelle est l’originalité des deux nouveautés évoquées ci-dessus ? Elle réside dans le fait que ces détendeurs, compensés d’origine, sont dotés d’un mécanisme supplémentaire (basé sur un différentiel de surface) qui augmente la moyenne pression relative en fonction de la profondeur. Il ne concerne que le premier étage, et, pour des raisons techniques évidentes, ne peut s’appliquer qu’aux détendeurs dont le premier et le deuxième étage sont compensés.

En général, la souplesse du détendeur diminue avec la profondeur. En effet, une augmentation de la pression ambiante entraîne celle de l’air fourni par le détendeur ce qui a pour résultat d’augmenter sa densité et sa viscosité. D’où d’importantes pertes de charge et une dégradation du confort respiratoire. Ce nouveau système tend à rétablir les performances et la souplesse du détendeur en ... augmentant la moyenne pression relative en fonction de la profondeur. Solution paradoxale qui, en quelque sorte, guérit le mal par le mal !

S’il s’agit là d’une véritable nouveauté, l’appellation reste mal choisie et il serait plus juste de parler de « détendeurs à moyenne pression proportionnelle » ou de « détendeurs compensés différentiels (à membrane ou à piston)». C’est un peu long, j’en conviens. Surtout à une époque où il faut faire toujours plus vite avec des mots qui ont de moins en moins de sens. Il est sûr que l’aberrant néologisme « surcompensé » a plus d’impact marketing, surtout auprès d’une clientèle qui n’est pas toujours bien sure de savoir réellement ce que compensé veut dire!

P.Bourdelet

Réaction de la MP des différents types de 1ers étages lors de la baisse de pression de la bouteille 

Non compensé à piston :diminution (importante)

Non compensé à piston + DFC : diminution (modérée)
(ou autre système d’assistance)

Non compensé à membrane:augmentation (importante)

‘Dit’ compensé à piston :diminution (modérée)

« Surcompensé » à piston :augmentation (faible)
(version Scubapro)

Réellement compensé à piston : stabilité

Compensé à membrane :stabilité

« Surcompensé » à piston :augmentation (modérée) avec la profondeur
(version Omersub*)

« Surcompensé » à membrane :augmentation (modérée) avec la profondeur

* Note du webmaster.
A ma connaissance Omersub ne fabrique plus de matériel de plongée mais à recentré son activité sur la Chasse sous-marine.

Pour la classification des détendeurs Patrice préfére le schéma suivant:

"COMPENSES" et "NON COMPENSES"  d'une part et "A MEMBRANE" et "A PISTON" d'autre part avec interconexion entre chaque catégorie :

"COMPENSES A MEMBRANE"
"COMPENSES A PISTON"

"NON COMPENSES A MEMBRANE"
"NON COMPENSES A PISTON"


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mis à jour le 12 avril, 2008 par Web master